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Alex Cousseau

  Une semaine en compagnie d’Alex Cousseau. Une semaine de sourires, de questions, de découvertes, d’étonnements…. 8 classes visitées, avec tellement d’yeux qui brillent dedans ! Alex… Si disponible et attentif à chacun ! Il a tant partagé avec les mômes. De sa besace, il a sorti plein de trésors. Ses carnets de notes, ses petits livres-maquette. Sa toute première histoire aussi. Et même Dorothée la chaussette ! Si ! Dorothée en vrai ! Avec la petite histoire qui va avec… Il leur a lu des histoires. Il leur a offert des textes qui n’existent plus ou pas encore en librairie. Il leur a raconté comment étaient nées certaines histoires. Tissées de petits bouts de souvenirs. De rêves. De tant observer ce qui l’entoure. Il a pris du temps. Pour répondre à chaque question. Pour expliquer, encore et encore.     La sonnerie est souvent passée inaperçue. C’est dire si c’était bien ! J’observais, en retrait, spectatrice d’un moment rare et précieux. Souvent, j’ai eu des frissons. Des larmes aux yeux aussi. Parce qu’il se passait des trucs, importants. Des trucs qui vont rester longtemps dans le cœur des enfants. Il y a eu des questions et des réflexions. J’en ai cueillies dans l’instant pour m’en souvenir longtemps. Florilège : Un garçon qui écoute attentivement Alex leur parler de son travail et qui s’exclame en fin de rencontre :  « Mais en fait ! T’aurais pu faire poète ! » (ah ben oui…en fait….) Alex  « Vous savez ce que c’est un narrateur ? » Un môme  « Celui qui explique tout ce que les personnages parlent pas ! » Quand Alex demande à une classe ce qui les effrayait petits, il y a eu cette si jolie réponse : « Moi quand j’étais petite, j’avais peur que tout le monde parlait vite sauf moi » Quand il leur a demandé ce qu’ils avaient envie de faire plus tard, une demoiselle s’est exclamée : « écrivaine, confiseur ou ostéopathe ! » L’âge merveilleux des grandes hésitations…. Elle était d’ailleurs dans la même classe qu’un futur directeur financier. Tout de même… Et puis il y a eu aussi : « ça doit venir du cœur pour écrire une histoire.  » « Tu sais, depuis qu’on a vu Thomas Scotto l’année passée, j’ai commencé à écrire des histoires dans un gros cahier. » A propos de son livre « Dans moi » (illustré par Kitty Crowther, chez MeMo) « J’ai adoré ! Je sais pas pourquoi mais j’ai adoré !  » « Dans notre corps on a un foie, des os et des sentiments » « Cette histoire elle était un peu spéciale… Pas comme les autres… »       Et puis les enfants avaient préparé de belles surprises ! On se souviendra par exemple longtemps de la bande de moustachus du bord de la rivière. Ou de cette fantastique pièce de théâtre toute en histoires d’ours. Il y a eu cette enfant aussi. Submergée par l’émotion au moment de poser sa question. Souffle coupé et mots qui s’embrouillent… Respirer…. Retrouver son calme et enfin …oser ! A la librairie, mercredi, les enfants scandaient son nom quand nous sommes arrivés. Ils avaient choisi leurs livres avec soin. Ils ont vu naitre de belles dédicaces, ils sont repartis heureux et fiers. Et puis il y a eu ces deux enfants. Ils ont discuté entre eux, longtemps. Pour finalement réunir leurs pièces et s’acheter un livre que ni l’un ni l’autre ne connaissait. Une histoire à découvrir. Une surprise. Un livre en garde partagée….     Samedi, à l’atelier, les quatre heures ont filé… il y avait tant à se dire et à partager ! Alex a invité les enfants à aller cueillir des petits trésors au jardin. Ces détails précieux qui pourraient faire une histoire. D’une feuille de papier et d’un coup de ciseaux, il leur a appris à fabriquer un petit livre. Ce jour là, il y avait à nouveau plein de sourires. Mais des plis de concentration sur les fronts, aussi.     Il a fait naitre des envies, j’en suis certaine. Envie de (re)lire ses livres. De fabriquer des petits livres aux couvertures en paquets de purée mousseline. Envie d’imaginer. D’écrire. Parce qu’au fond « Un livre ça ressemble à une fleur. Au début c’est une graine. Après elle pousse et elle devient une fleur». Et qui sait…certains deviendront peut-être écrivains de lettres d’amour, contre des desserts à la cantine…     Pour ces jours heureux partagés… Merci Alex. Et puis pour ces mots là aussi : https://alexcousseau.wordpress.com/2017/06/14/ruches/          ...

« Vivants »

Il y a peu de temps, on m’a demandé d’animer un atelier pour des enseignant-e-s du primaire. Le thème de leur journée était la diversité culturelle. Vaste sujet… J’ai choisi de leur présenter des livres qui traitent de l’altérité. Au sens large. Parce qu’aux delà des frontières franchies, on a tous notre bout de « pas pareil », n’est-ce pas ? Que l’on vienne de l’autre bout du monde ou de la maison d’à côté… Et qu’il faut bien faire avec. Parfois, le «pas pareil», ça fait plein de tensions dans les classes. Des grincements de dents. Des mots qui blessent et qui abiment… Et un livre intelligent dans le sac, hop ! Et bien ça peut te dénouer des nœuds.   Parmi tous les livres présentés ce jour-là, aujourd’hui j’ai envie de te parler d’un livre en particulier. Parce qu’il m’a fait un immense coup au cœur. A un salon du livre, devant la table de dédicace de Betty Bone, l’illustratrice, il m’a donné des sourires et des larmes plein les yeux. Dans mes mains, « Vivants ». Un texte de Thierry Lenain.     Je te livre juste les mots du début : « Je suis moi. Tu es toi. Si toi et moi c’était pareil, alors on pourrait dire aussi : Je suis toi ! Tu es moi ! On pourrait mettre toi à la place de moi, Et moi à la place de toi. »   Et le raisonnement de se poursuivre, au fil des pages, poussé jusqu’à l’absurde. Il y a de la légèreté dans ce texte. De l’humour aussi… Juste …Génial ! Un texte fort. Et précieux. Parce qu’au delà des sourires, il ouvre tout grand la réflexion. Et invite à la discussion. Il sème des graines de tolérance. Sans moralisation. Sans culpabilisation. Juste… Se poser et réfléchir un peu, ensemble. Et remplacer les cailloux gris par des cailloux colorés. Parce que si on était tous pareils … Y’aurait de l’ennui, assurément !    ...

Editions D’eux

Au printemps dernier, cinq livres dans ma boîte aux lettres. Cinq livres attendus avec tant d’impatience !       Je t’explique : la toute nouvelle maison d’édition québécoise « D’eux » venait de sortir ses premiers bouquins. Quatre albums et un livre de pédagogie. Impossible de passer à côté, il fallait leur faire traverser l’océan !   (en fin d’article, je t’expliquerai un peu plus les raisons de mon gigantesque enthousiasme…)   Une commande directe et quelques semaines d’attente plus tard, je les avais enfin entre mes mains… Tempête sur la savane (Michaël Escoffier et Manon Gauthier)   « Il y avait dans la savane, un éléphant qui n’arrêtait pas de rouspéter. Il rouspétait le jour, il rouspétait la nuit, il ne faisait rien d’autre que rouspéter, rouspéter, rouspéter. » Ainsi commence l’histoire de cet éléphant mécontent qui parcourt la savane. Mécontent ? Vraiment ? Regarde le jeu sur la police d’écriture :     T’as compris ? Point question de tempérament, mais plutôt de … pets fumants !   Et ainsi de suite au fil des pages… Tempête de rires garantie !   Les illustrations tout en découpes de Manon Gauthier servent à point le texte hilarant de Michaël Escoffier. La mine dégoutée de chaque animal croisé dans l’histoire participe tellement à faire rire, encore et encore !   (mise en garde : ce livre comporte un risque d’addiction sévère chez nos chères têtes blondes.)   Lili entre deux nids (Jonna Lund Sorensen)   Lili, adorable petit oiseau, partage sa vie entre deux nids. Et oui…. Ses parents se sont disputés et sa semaine est désormais rythmée par la garde alternée. Un nid, puis l’autre, un jour sur deux. Mais le dimanche alors ? Pas facile de savoir lequel choisir…     Je ne te raconte pas la chute, mais elle t’amènera des sourires jusqu’aux oreilles, sûr !   Une histoire de peu de mots, avec une grande justesse de propos. Et des illustrations drôles, attendrissantes….J’adore !   Tu l’as compris : un livre important, sans jugement, pour aborder la séparation.   A qui sont ces grandes dents ? (Sandrine beau et Marjorie Réal)   Pour les plus jeunes, un livre pour se faire peur… mais pas trop !   Sur la couverture, une question, du mystère …     T’as pas trop peur ? T’es courageux ? Hop ! On y va !   Et à chaque page, les questions s’enchainent … A qui, ces poils ? Ces dents ? Ces oreilles ? Ces yeux ? Hein ? A qui ?   Les illustrations graphiques et épurées laissent juste ce qu’il faut de doute et invitent les enfants à faire leurs hypothèses… de quel animal peut-il bien s’agir ? Et surtout, surtout… quelle chute à cette histoire ?   Allez, je te rassure… point de sanglante dévoration, mais une surprise pleine de tendresse !     Elle sera toujours là (Thierry Lenain et Manon Gauthier)   Immense, mais alors IMMENSE coup de cœur pour celui-ci !   Un livre qui laisse sans voix. Sur lequel il est difficile de poser mes propres mots pour te le raconter, un peu.   Un livre magnifique, donc. Un hommage à toutes les mamans.   De la grossesse aux premiers pas, en passant par les câlins, les histoires partagées, les larmes séchées…Et l’absence, comblée par cette certitude… Elle sera toujours là, nichée au fond du cœur.   Condensé de douceur, de poésie, de tendresse. Des frissons et des larmes d’émotion, à chaque lecture ! Regarde un peu :     Offre-le, vite ! A ta maman, à toutes celles qui vont le devenir ou qui le sont déjà. Vite !   Guide pour un enseignement durable au primaire (Shanna Schwartz, adaptation Yves Nadon)   Pour réfléchir sur nos pratiques pédagogiques, les remettre en question et bousculer quelques certitudes au passage… Pour offrir aux enfants un contexte d’apprentissage qui en fait des participants actifs et engagés. Pour susciter et maintenir un intérêt durable chez les élèves.   Un guide grandement inspirant, ponctué de nombreux exemples !       Donc l’année dernière, pas d’autres moyens que la commande directe pour obtenir ces livres. Pas de diffuseur en Suisse. Donc frais d’envoi et longue attente.   Si je t’en parle aujourd’hui, c’est que j’ai une bonne nouvelle (que dis-je… une merveilleuse nouvelle) ! Tout bientôt, mais vraiment bientôt, aux jours qui s’allongent et au retour de la douceur de l’air, les éditions D’eux seront distribuées en Suisse ! Et ça, ça chante vraiment comme un jour de fête !   D’autant plus que leur catalogue s’est bien entendu étoffé depuis, avec des promesses de belles découvertes… Donc : petite danse de la joie !   Et si tu veux en savoir plus sur les éditions D’eux, hop ! Le lien !   http://www.editionsdeux.com   Avant de terminer, il faut quand même que je te parle un peu d’Yves Nadon. Parce que si je me suis si vite enthousiasmée pour cette nouvelle maison d’édition, c’est bien parce qu’il en était le cofondateur…   Il y a quelques années, alors que j’exerçais en tant qu’enseignante spécialisée itinérante dans les classes régulières, je me suis trouvée face à des enfants en grande peine dans l’apprentissage de la lecture. Et j’avais mal avec eux ! Parce que ne pas y arriver, penser à six, sept ou huit ans qu’on n’y arrivera jamais, que ça n’est pas fait pour nous, être si tôt convaincu qu’on est nul…c’est source de tellement souffrance !   A l’époque, j’étais encore peu outillée pour les accompagner sur ce difficile et passionnant chemin. Je tâtonnais, peu convaincue par ce qui était proposé au niveau pédagogique pour les amener...

Csil

Bon… ça me trotte dans la tête depuis un petit moment, aujourd’hui je me lance. Je vais te partager mon grand coup de cœur graphique de l’année qui vient de se terminer. Comme c’est un très très grand coup de cœur, genre je suis en amour total de son travail, ça ne va pas être facile de poser des mots. Plus j’aime, plus c’est difficile…. Mais comme il ne faut pas que tu passes à côté de son travail, j’y vais… Hop ! Elle s’appelle Csil. Elle a de la poésie qui coule de ses crayons. Un style reconnaissable entre mille. Il y a tant de tendresse dans ses dessins ! De la douceur aussi. Le trait mince et précis. Ses illustrations sont d’une telle finesse ! De la dentelle merveilleuse … J’aime, j’aime, j’aime ! Ses personnages sont magnifiques, adorables. Tellement que t’as envie de les prendre dans les bras ! Dans ses ciels, souvent, des nuages. Presque enfantins. Doux et moelleux. Juste parfaits. Et quand elle te croque une ville, Csil, t’en as pour un moment à te balader dedans ! Tu t’y perds un peu et puis tu choisis une maison, celle qui serait juste parfaite pour toi. Là, au troisième étage…Tu choisis ta fenêtre et tu t’installes. Elle est forte, aussi, Csil, pour te mettre juste ce qu’il faut comme touche de couleurs dans ses illustrations en noir et blanc.   Vraiment, si tu ne connais pas encore, fonce…   Les deux premiers livres illustrés par Csil que j’ai eu entre mes mains sont deux albums écrits par Séverine Vidal, publiés par les éditions Winioux. Une « petite » maison d’édition, mais si grande par la qualité des livres qu’elle propose… Deux livres donc… Offerts à de maintes reprises, tant je les aime ! Des perles. Des trésors à serrer contre son cœur. Pour la beauté du texte et des illustrations qui se font si bien écho… « Rien qu’une fois » et « 55 oiseaux ». Deux livres bien différents. Le premier pour rêver. Pour ouvrir tous les possibles. On la suit, la petite fille, au fil des pages. Et on découvre ses envies, fortes, ses rêves un peu fous… des petits riens qui font voir la vie en grand !     Planter des mots et les regarder pousser, dans mon grand potager… M’allonger sur un nuage… Changer les couleurs du monde, d’un claquement de doigts…   Le livre refermé, sourire au lèvres, tu te surprends à composer ta propre liste. Et puis si tu veux inviter des enfants à écrire, ce livre est juste parfait pour une petite séance « à la manière de… »   Le deuxième, il est parfait pour apprendre à compter. Jusqu’à 10. Mais pas que … Parce qu’il y a un brin de poésie et de malice, à chaque page ! Ce livre accordéon, tu peux le parcourir page après page, où le déplier en plein pour admirer une longue fresque. Les oiseaux de Csil me mettent tellement de sourires ! J’adore leur bouille ! Lors de notre rencontre à un salon du livre, l’éditrice m’avait glissé entre les mains des oiseaux de papier à découper et à monter. Depuis, ils ornent les branches au-dessus de ma table. J’en ai de la chance, non ? Et au fait, pourquoi 55 oiseaux ? Une petite farce mathématique, je te laisse chercher… Moi j’ai trouvé !     Les deux livres suivants dont j’ai envie de te parler sont écrits par Ghislaine Roman.   Tout d’abord « J’veux pas y aller ! » Oui, mais…où ? Les indices sur la couverture ne laissent aucun doute… Masque, tuba, bouée, bonnet de bain… Et à chaque petit baigneur d’y aller de sa propre excuse… Avec une dose de bonne ou…de mauvaise foi ! Florilège :     Et puis le deuxième… « Non ! J’irai pas ! » Encore ? Et cette fois-ci, on tente d’éviter quoi ? Dans la lignée de la trouille de sauter dans le grand bain, ce sont à présent les petites et grandes frayeurs liées à l’entrée à l’école qui se déclinent au fil des pages. Toutes ces appréhensions, la grande peur de l’inconnu…   Et si j’y arrive pas ?     Et si ça se passe pas bien avec les copains ?     Et quand la rumeur s’en mêle, il y a de quoi avoir les chocottes :     Ces deux albums sont précieux. Ils permettent d’aborder, avec une juste dose d’humour, ces situations qui semblent d’immenses montagnes à gravir. Quand cela semble impossible, mais qu’une fois son courage pris à deux mains et bien, on y arrive et …On est fier ! Tellement ! Petits ou grands, on connait tous ça, non ?     (Mais, oui…allez…Tu peux le faire !)   Je ne me lasse pas de parcourir ces deux galeries de personnages. Tendres, drôles, attachants. Et les textes de Ghislaine Roman… petits poèmes qui rythment si bien une lecture à voix haute, petite musique de la langue, un régal à partager !     Ensuite, il y a celui-là…  «Le vilain défaut ». Ecrit par Anne-Gaëlle Balpe. Faut que je te raconte. Au dernier salon de Saint-Paul-Trois-Châteaux, je me suis trouvée toute bête devant sa table de dédicaces. Je l’ai lu, d’une traite et j’en ai eu les larmes plein les yeux. Parce qu’il m’a touché, droit dans le cœur, fort ! Dans ma tête, ça se bousculait sévère… J’ai pensé à mes élèves, qui avancent tous dans la vie avec leur différence, leur « vilain défaut ». Leur chromo en trop ou leur p’tit truc en moins. Mes supers-héros que rien n’arrête, mes...

Thomas Scotto

        Des yeux qui brillent, des questions (plein !), des découvertes, de l’étonnement, des éclats de rire, de l’émotion… Et une voix : celle de Thomas Scotto. Une semaine de rencontres s’achève tout juste, point d’orgue de ce projet un peu fou initié il y a un an. Et même un peu plus loin, en fait… Il y a quelques années, au salon de Saint-Paul-Trois-Châteaux, première rencontre. Autour de la table de dédicace de Thomas, une nuée de mômes. Et des sourires, déjà. Je laisse trainer mes oreilles… Sa façon de leur parler… De les prendre au sérieux. De leur accorder toute l’attention qu’ils méritent… Wow ! Frustrée de ne pas avoir de moyens de le faire venir rencontrer mes élèves de l’époque, je glisse dans ma besace une pile de bouquins à leur faire découvrir à mon retour. Dans les mois qui suivent, trois d’entre eux lui écrivent. Il répond… Des lettres à donner des frissons. L’automne suivant, il nous invite à le rejoindre au salon du livre de Morges. Une heure d’échanges, intenses, à l’ombre des grands arbres. Alors dans ma tête, ça continue de trotter… Changement de boulot, création de l’atelier. Et des demandes d’animations dans les classes. Lorsque l’on me sollicite pour des élèves de 5-6H, je me dis que l’occasion est toute trouvée. Je propose… Et l’équipe de l’établissement est immédiatement convaincue (des très grands mercis à eux !). Je monte une animation pour donner aux enfants l’envie de bouquiner du Scotto à tout va. Elle m’a bien fait tirer la langue, celle là ! Première fois que je planche autour du travail d’un auteur et non pas d’une thématique… Aïe ! Pas simple… Je lis, re-lis, re-re-re-lis, encore et encore… Un fil rouge se dessine… Je tire dessus, doucement…Quelques (nombreuses !) heures plus tard, j’ai mon déroulé et mon matériel. Hop ! C’est parti pour les visites de classes ! Et là, ben … des montagnes de mercis aux mômes ! Parce qu’à chaque rencontre, il s’est passé quelque chose… De fort. Des petits signes qui me confirment que c’est important, que des graines sont semées et qu’elles n’ont pas besoin de grand chose pour pousser.   La semaine passée, j’ai eu la chance de le suivre, partout (bon…je ne lui ai pas tellement laissé le choix, hein…).Témoin en retrait, j’ai savouré chaque instant. Comme eux, j’ai écouté des histoires. Je les ai regardés jouer avec les mots. J’ai appris une montagne de trucs (le coup des achevés d’imprimés de Thierry Magnier par exemple). J’ai découvert plein de détails qui m’avaient échappé au fil de mes lectures. J’ai frissonné à chaque fois que Thomas allait subtilement chercher le timide, celui qui se fait petit, discret… en lui donnant la parole, juste pile au bon moment…     Dans mon carnet, j’ai griffonné des petites perles, pêchées au fil des visites de classe. Florilège : Moi, je détestais lire quand J’étais enfant ! (10 ans, tout de même…)   C’est difficile pour moi la lecture. Mais… « Une guerre pour moi », j’ai réussi ! Une si grande fierté pour celui-là… Un premier livre tout en entier, c’est quelque chose ! En fin de rencontre, il est d’ailleurs venu serrer la main de Thomas en lui affirmant avec force : Tu sais Thomas, maintenant tu es mon plus grand fan !     Les enfants peuvent avoir des idées bien précises concernant les sources d’inspiration :   Une histoire, ça peut partir d’un livre ou…d’une vie !   Les idées, ça nait dans le ventre et ça monte à la cervelle…   Quand à l’âge précis de Thomas au moment de la parution de son premier livre, on retiendra longtemps que… ben … ça dépend ! Samedi, à l’atelier, les enfants ont voyagé au pays de Bonhomie, en écoutant Thomas leur lire « La première larme ». Plongé leurs yeux dans Kodhja…   Ils ont écrit, découpé, collé… Et créé ainsi une carte pop-up inspirée du livre « Dans ma maison ».   De toute cette semaine, je garde une provision de sourires pour les mois à venir. Et l’envie forte de croiser les enfants, au hasard de mes passages à Oron. Pour en reparler. Pour sourire à nouveau, ensemble.   J’ai la tête et le cœur remplis de belles images, de tous ces moments partagés. C’était intense. C’était beau. C’était important. Et j’ai une liste longue comme le bras. De livres à découvrir. De films à voir. De musique à écouter. Et dans ma tête, en boucle, une chanson offerte, qui tourne…cadeau précieux. Pour tout ça… Merci Thomas. Et son retour à lui :...

Sans ailes

  « J’avais un grand trésor juste au dessus de ma tête : une petite constellation de trois étoiles alignées. Une…Deux…Trois… »   Un trésor qui rend heureux. Une présence qui rassure. Un point de repère. Quelque chose sur quoi compter, chaque nuit. Toujours là, les trois petites étoiles ! Jusqu’au jour où la tempête les emporte, loin. Larmes, cris…. Attente. L’absence qui plombe le cœur. Insupportable.   « Alors une nuit, je suis parti. A petits pas, sans savoir où. Je ne suis pas grand, pas costaud, mais il fallait que je les retrouve. A petits pas, sans savoir où. Je savais bien que je les chercherais longtemps. »   Le chemin est long… Et sans ailes, il va en falloir du courage et de la persévérance ! Des rencontres. Des mots qui découragent. De la colère même.  Mais de l’espoir, toujours ! Je l’attendais cet album ! Avec tellement d’impatience… Les talents réunis de Thomas Scotto et de Csil ! Wow ! Il y a dans cet album tant de finesse, de poésie, de douceur…A chaque lecture, mon cœur fait des loopings ! Et l’envie de le partager et de le faire découvrir, largement.   Aujourd’hui, un trésor nous attendait dans la boîte aux lettres.   « Oh ! Mais c’est le petit bonhomme des étoiles ! »   Mon petit gars peut désormais bouquiner en tendre...

Les dates de stage sont en ligne !!!

Les beaux jours sont de retour, je fourmille d’idées et d’envies… Et j’ai tellement hâte d’accueillir les enfants ! Alors ouiiiii !  Enfin, les voili, les voilà : les dates de stages du samedi ! DaNsE de la jOiE !!!   Informations en suivant ce lien

Fête du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux

  De retour de la fête du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Pas facile d’atterrir après deux journées complètes à fureter, découvrir, discuter, bouquiner… A s’émerveiller surtout ! Ce festival est LE rendez-vous incontournable depuis quelques années. Je m’en réjouis toute l’année, j’attends à chaque fois le programme avec impatience, je compte les dodos jusqu’au départ ! Et voilà… C’est déjà fini ! Mais mes sacs sont remplis de trésors et ma tête est pleine de belles rencontres. Comme ce qui fait du bien se partage, petit compte rendu.       Chaque année, le festival fait la part belle à des « petites » maisons d’édition. En fait, c’est nul, ce terme : petites. Si on pense à la taille de leurs catalogues, alors ok, rien à voir avec des mastodontes de la littérature jeunesse. Mais si on pense en terme de qualité, alors moi je dis GRANDES ! Derrière leurs livres, il y a des passionnés qui ont le goût des belles choses, des personnes qui prennent les enfants au sérieux en leur proposant des bouquins intelligents, soignés jusque dans les moindres détails. Cette année, deux coups de coeur : Le premier est pour la maison Winioux J’avais déjà eu un avant goût l’année passée puisqu’ils étaient déjà présents sur le salon. « L’accumulatôr à bidouilleries » (Julie Grugeaux et Leïla Brent) et « 55 oiseaux » (Csil et Séverine Vidal) m’avaient déjà bien fait rêver… Cette année, j’ai eu plein de plaisir à discuter avec Rafa, éditrice à l’enthousiasme débordant. Et heureusement qu’elle a aussi le sens de l’humour! Je m’explique : Csil est une des illustratrice qui travaille avec eux. Et comment j’ai l’esprit un peu très lent, je n’avais pas saisi le subtil jeu de mot : Csil pour… Cécile ! Alors moi, je lui parle de Ksil… Parce que bon, j’ai toujours trouvé ça rigolo comme pseudo…Bref…un moment de honte est vite passé. Dans ma besace, c’est « Rien qu’une fois » que j’ai glissé cette année (Séverine Vidal et Csil – Cécile donc…). Ce petit album carré, tout blanc, finement illustré, est une douce évasion dans l’imaginaire. Une fillette nous y livre ses envies : passer la journée sous l’eau, parler avec les oiseaux, perchée sur le fil, s’allonger sur un nuage, planter des mots et les regarder pousser… Tout simple, plein de douceur mais tellement subtil et profond ! Une belle invitation à rêver, à soigner son jardin intérieur. Un livre qu’on a envie de garder tout près de soi, pour pouvoir y revenir, souvent, et s’évader quelques instants. Un livre à offrir, largement.  www.editionswinioux.com     Mon deuxième coup de coeur est pour la maison A pas de loups Attention les yeux ! Merveilles graphiques à l’horizon ! Leurs albums sont tout simplement sublimes. Alors hop ! « Bagbada » de Cécile Gambini, dans mon sac ! Ou quand un crapaud joyeux va tout faire pour remonter le moral d’un chat tout déprimé et tout raplala… C’est beau ! L’illustratrice nous ballade dans des paysages de découpages et de collages juste fabuleux. Une histoire pour retrouver le moral avec des plaisirs tout simples. Une ode à l’amitié ! Et hop hop ! « Une girafe sur le toit du monde » de Sophie Daxhelet ! Un voyage extraordinaire pour une girafe en quête d’ailleurs. Une rencontre va l’amener à vivre de sacrées péripéties !! Hop hop hop ! « Aahhouuuu » De Clémence G. Un bestiaire coloré et joyeux, pour s’éclater avec les plus petits ! On peut chercher un petit hérisson caché dans chaque page, compter les animaux, imiter leurs cris… Il y a de quoi faire avec ce malicieux petit format ! Et enfin… Un dernier : « Les contes de A à Z » de Françoise Rogier. Un abécédaire sous forme de promenade au pays des contes. Un livre qui ouvre mille possibilités, de quoi rester scotché des heures…. Celui-là, je l’avais déjà (il fait partie de la sélection pour le prix Enfantaisie 2015), mais comme la talentueuse illustratrice était présente sur le stand, j’ai craqué pour une dédicace. Un dragon pour la collection de Fiston ! Et hop ! www.apasdeloups.wordpress.com   Et puis sur le salon, il y a bien sûr les auteurs et illustrateurs invités.   Andy Guérif tout d’abord. Et hop ! « Le code de l’art » (parce qu’il fallait bien choisir… Encore une table qui donne envie de tout acheter…) Voici ce qu’il dit de sa démarche : « L’idée : utiliser des panneaux de signalisation, ces images normalisées et omniprésentes dans le quotidien pour découvrir, par association, des œuvres d’art complexes, singulières et méconnues. ». C’est complètement dingue, ce bouquin ! Surprenant, décalé… Génial ! editionspalette.com   Olivier Philipponneau ensuite. Quand j’ai eu besoin d’un support pour discuter avec les enfants au lendemain des terribles attentats de début janvier, c’est « Le peintre des drapeaux » que j’avais glissé dans mon sac. (Alice Brière-Haquet et Olivier Philipponneau, Frimousse) Son travail de gravure sur bois me fascine. Lignes épurées, couleurs magnifiques. C’est beau et très poétique. « 1, 2, 3 banquise » et « Zébulon et le poussin », deux albums pour les petits viennent rejoindre ma collection (les deux ouvrages sont également écrits par Alice Brière-Haquet, les images réalisées en collaboration avec Raphaële Enjary, publiés chez MeMo). Et pour le plaisir des yeux et du jeu, je ramène également « Détective Rollmops » (Renaud Farace et Olivier Philipponneau, The Hoochie Coochie). Un véritable ovni littéraire ! Très grand format, souple, des couleurs qui pètent, un détective à trois yeux qui invite le...